mardi 11 mars 2008

HD : le Blu-ray s'impose partout

Dans certains pays les acheteurs d'un lecteur HD DVD n'auront pas tout perdu. Sony propose déjà en Suisse un échange entre les lecteurs HD DVD et Blu-ray et maintenant c'est le distributeur Circuit City qui permet à ses clients d'échanger leur lecteur moyennant le paiement de la différence de prix.

Si l'initiative est bonne on peut se demander comment ces consommateurs vont encore pouvoir lire leurs films acquis en HD DVD. En France pour le moment aucune offre de ce type n'est proposée.

Apple et Microsoft intéressés par le Blu-ray

Maintenant que le format HD DVD est mort, Microsoft se retrouve presque dans l'obligation d'intégrer un lecteur Blu-ray dans sa console Xbox 360.

La Playstation 3 l'intégrant en standard on voit mal en effet comment la firme de Redmond pourrait faire l'impasse dessus. La question qui se pose est de savoir si ce lecteur sera interne ou externe. Le prix du lecteur risque aussi de poser problème. On voit mal Sony faire un geste alors qu'il est clairement en position de force.

Par ailleurs Apple négocie également en vue d'intégrer des lecteurs dans ses ordinateurs. Pour le moment la société s'est abstenue d'intégrer des lecteurs HD dans son catalogue préférant se concentrer sur la distribution de contenu par téléchargement. Ce système n'est cependant pas encore viable à grande échelle, trop de consommateurs ne disposant pas d'une vitesse de connection suffisante.
samedi 8 mars 2008

Salle de cinéma : l'affaire du Méliès

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Suite à notre article sur le cinéma Comœdia, nous revenons sur l'affaire qui a opposé le cinéma le Méliès à MK2.

Pour résumer, MK2 a déposé un recours afin d'empêcher le développement et la rénovation du cinéma d'Art et Essai le Méliès possédé par la ville de Montreuil. Le climat s'est largement dégradé lorsque MK2 a porté plainte pour injure publique à l'encontre des auteurs d’une campagne pour la défense du Méliès et en particulier d'une publicité mettant en cause MK2.

Requin contre poisson rouge

La publicité incriminée, pour laquelle Montreuil dépêche hebdo, L’Humanité et 20 minutes sont également attaqués, met en scène un requin (MK2) s’apprêtant à manger un poisson rouge (Le Méliès). Elle dénonçait le blocage par MK2 du projet d’extension du cinéma municipal de trois à six salles.

Marin Karmitz (fondateur de MK2) s’est dit très choqué, d’être “transformé en requin après avoir œuvré pendant quarante ans pour le cinéma et pour la diversité”, estimant que l’extension du Méliès, financée avec l’argent public, est elle-même une atteinte au pluralisme. La direction du Méliès a répondu hier que sa programmation était très différente de celle du MK2 Nation, son concurrent présumé.

Tensions dans le monde du cinéma

Cet incident témoigne de la tension actuelle qui sévit dans le milieu du cinéma, des raisons économiques amenant des oppositions farouches entre passionnés du septième art. Voici les communiqués des deux protagonistes :

Communiqué de l'association Renc'Art

"L'association Renc'Art au Méliès, dont le but, selon ses statuts, est de « contribuer à promouvoir un cinéma de qualité et de réflexion, source de connaissances, de plaisirs et de distractions auprès de l'ensemble de la population », s'insurge contre les recours en justice déposés cet été par UGC et MK2 pour barrer la route au projet d'extension du cinéma Georges Méliès, cinéma municipal, classé Art et Essai, à Montreuil.

Renc'Art au Méliès lance cette pétition pour exprimer notre refus du marché à tout prix et notre soutien aux valeurs culturelles et éducatives, en particulier dans le champ cinématographique.

La politique de programmation et d'animation du Méliès s'inscrit dans la continuité du travail accompli depuis la municipalisation. Ce transfert et cet agrandissement répondent à 4 raisons :
- S'adapter à la demande croissante des cinéphiles de Montreuil et de l'Est Parisien ; Montreuil, avec 100 000 habitants, est sous-équipé en salles de cinéma.
- Permettre une exposition plus longue de chaque film programmé.
- Faciliter l'accueil de tous les spectateurs, spécialement les handicapés, les malvoyants, les malentendants.
- S'ouvrir aux nouvelles technologies de diffusion, notamment le numérique.

UGC et MK2, ces deux mastodontes, qui concentrent 44% des écrans parisiens et 55% des entrées, ont décidé que le développement du Méliès constituait un viol des règles de la concurrence et un abus de position dominante. En outre, ils ont récusé la décision de la commission départementale d'équipement cinématographique qui a rendu, à l'unanimité, un avis favorable sur ce projet.

Le président d'UGC estime que le Méliès pourrait faire perdre 46 000 entrées sur ses 2 300 000 entrées annuelles à l'UGC Ciné Cité de Rosny II. M. Marin Karmitz, MK2, producteur, distributeur, éditeur, n'a, quant à lui, jamais voulu s'implanter en banlieue ; il s'est néanmoins indigné qu' « au nom d'une soi-disant action culturelle (les salles Art & Essai !), on crée une activité privée avec de l'argent public ».

L'hostilité de UGC-MK2 à l'agrandissement du Méliès, pour exemplaire qu'elle soit, est symbolique d'un antagonisme profond entre leurs intérêts commerciaux et nos valeurs culturelles et éducatives. Ce conflit a pris désormais une dimension nationale. Les procédures entreprises par UGC-MK2 se multiplient dans l'hexagone. Les exploitants des salles indépendantes, municipales, associatives et privées, sont inquiets. Les cinéastes (plus de cent, dont 7 « Palmes d'or ») ont exprimé immédiatement leur soutien au projet d'extension du Méliès et leur attachement au réseau de salles Art & Essai.

Devant cette situation, Madame Christine Albanel, ministre de la Culture, s'est même exprimée sur le fond du dossier en déclarant le 20 octobre: « A mon sens, le Méliès n'est pas en concurrence avec ces groupes. »

Au-delà du Méliès, devenu l'étendard de ce combat contre le désir hégémonique des grands circuits, ces recours révèlent leur détermination à détruire le statut même des cinémas d'Art & Essai en France en s'attaquant aux aides publiques (municipales et nationales) qui soutiennent leur travail. Sans ces salles, en effet, où trouver des séances consacrées à l'éducation, au patrimoine, à la recherche, à la découverte, au jeune public, aux premiers films, aux documentaires ?

Il ne saurait y avoir de diversité des oeuvres sans diversité des salles."

Communiqué de MK2

" Depuis quelques mois, la tension entre grands et petits du cinéma parisien est montée d’un cran. Le 13 juillet dernier, mk2 dépose un recours contre le projet d’extension du Méliès, cinéma municipal de Montreuil. TroisCouleurs publie un texte de MK2 expliquant les raisons de son recours, ainsi qu’un communiqué du réseau de salles ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) rejoignant sa position.

Le 13 juillet dernier, nous avons déposé un recours contre l’autorisation accordée à la ville de Montreuil de créer six salles en remplacement des trois salles du cinéma Georges Méliès. Un tel recours peut être déposé par tout organisme directement concerné par l’implantation d’un projet dans sa zone de chalandise, devant le tribunal administratif. Il ne met pas fin, en soi, au projet mais pose la question de sa légalité et permet d’ouvrir le débat pour soulever un certain nombre de problématiques.

Nous déplorons la transformation d’un cinéma de quartier de trois salles en un complexe de six salles, dont la construction et la gestion sont intégralement financées par des fonds publics. Le Méliès, propriété exclusive de la municipalité de Montreuil, n’est soumis ni aux contraintes d’exploitation ni aux contraintes de rentabilité des autres cinémas. Ce statut lui permet de déroger aux règles de concurrence normale en proposant des tarifs impraticables par les autres cinémas. S’ils s’alignaient sur les tarifs proposés par le Méliès, ces cinémas, dont nous faisons partie, ne pourraient couvrir leurs frais de fonctionnement et maintenir un niveau de rémunération suffisant pour les auteurs.

Cette liberté commerciale, associée au projet d’extension, menace directement nos cinémas MK2 Nation et MK2 Gambetta, situés à moins de sept minutes en transports en commun du Méliès. Sans chercher à nous poser en victimes, nous souhaitons simplement informer les spectateurs qu’une baisse de seulement 10 % des entrées du MK2 Nation et du MK2 Gambetta mettra en question la survie économique de ces salles de quartier, à travers lesquelles nous réalisons un véritable travail de proximité depuis presque dix ans.

Ce problème, qui oppose les salles subventionnées aux salles indépendantes non subventionnées, n’est pas uniquement d’ordre local, mais d’ordre national. Le réseau de cinémas indépendants d’art et d’essai Utopia, dont le travail est unanimement reconnu par la profession, fait face aux mêmes problématiques dans différentes villes de France. Ils nous ont apporté leur soutien par le biais d’un communiqué diffusé par l’association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés, publié ci-dessous).

Nous avons été très choqués, ainsi que l'ensemble de nos collaborateurs, par la virulence et l'inexactitude des attaques qui nous ont été portées dans la profession et dans les médias suite au dépôt de ce recours. En matière d’exploitation, depuis trente ans, nous avons été précurseurs dans de nombreux domaines : pour l’implantation de salles dans les arrondissements délaissés par le cinéma, pour le travail de proximité dans les quartiers, pour la version originale, les séances découvertes, les cycles pour les enfants...

En tant que spectateur, vous êtes notre seul juge, c’est pourquoi nous avons souhaité vous soumettre les raisons de notre démarche. Nous vous remercions de continuer à être exigeant vis-à-vis de ce que nous accomplissons. C’est vous qui nous poussez chaque jour à améliorer la qualité de notre travail, à défendre une autre idée du cinéma."

source : metrofrance.com - www.rencartaumelies.fr - www.mk2.com/forum
mardi 4 mars 2008

Le métier de cinéaste

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Etre cinéaste, voilà un beau métier.. difficile aussi ! Voici le témoignage d'Anne Villacèque. La réalisatrice de "Petite chérie" et "Riviera" parle de son métier de documentariste, et de la difficulté à vivre du cinéma :



Mais tout n'est pas noir, loin de là.. nous avons parlé du cinéma allemand récemment sur ce blog. Voici une interview du réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck qui a connu un beau succès avec son film "La Vie des autres" :



source : www.universcine.com - www.fnac.com
vendredi 29 février 2008

Exploitants : Le cinéma indépendant en difficulté

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Les César 2008 furent l'occasion pour les cinémas de proximité de l'Hexagone d'afficher leurs craintes face aux pressions exercées par les grands exploitants «UGC et MK2 en tête».

Le 22 février à 21h, lors de la cérémonie des César, les salles de proximité ont suspendu leur séance ou ont proposé des interventions, des débats en première partie de soirée. Un geste symbolique sans réelle incidence sur le public, qui avait essentiellement pour vocation d'alarmer les politiques et la presse sur les difficultés du secteur. Colette Périnet, Présidente du GRAC (Groupement Régional d'Actions Cinématographiques), attire notre attention sur l'actuelle «remise en cause de l'intervention publique avec, comme prétexte pour les grands groupes, la concurrence déloyale que constitueraient les subventions que reçoivent ces établissements pour s'installer, s'agrandir». Le cinéma Comœdia est aujourd'hui victime de ces attaques juridiques. Elles visent à la fois la subvention accordée pour sa remise en état par le CNC (Centre National de la Cinématographie) et l'appellation même du lieu qui serait la propriété du groupe UGC.


Le cinéma Comœdia est né au début de la première guerre mondiale, à l’emplacement d’un ancien jeu de boules. Son fondateur, Jules Melchior Pinard, surnommé « Mel-kior » a égrené les « vogues » de la ville avec ses installations foraines. Lorsque le cinéma se sédentarise, il ouvre trois salles : le Saxe (à l’emplacement du Théâtre de la Tête d’or), le Lafayette (l’actuelle Fourmi) et le Berthelot, futur Comœdia qui avec ses 561 places, s’impose comme l’une des plus vastes de la ville.

Pour Colette Périnet, la pression peut-être encore plus sournoise. Elle serait «de plus en plus forte sur les distributeurs de films indépendants pour priver les exploitants situés en périphérie ou bien dans les zones rurales de l'accès rapide aux films porteurs Art et Essai» et cela, au profit des multiplexes désireux de conquérir de nouveaux publics, familiers de ces salles de proximité. De plus, l'arrivée de la diffusion numérique et l'investissement matériel qu'elle nécessite, pénalisent économiquement les petites exploitations dans un contexte rendu encore bien plus difficile par le désengagement plus ou moins annoncé de l'Etat en matière d'action culturelle cinématographique.

Situation délicate pour le cinéma indépendant !

source : www.lyoncapitale.fr - www.cinema-comoedia.com

jeudi 28 février 2008

Akira de Katsuhiro Otomo en route vers une adaptation cinéma

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Les studios Warner Bros, qui possèdent les droits du manga Akira, ont annoncé la sortie de deux films adaptés de l’œuvre de Katsuhiro Otomo.

Chaque film reprendra l’action de 3 des livres dans un nouveau Manhattan en reconstruction après avoir été détruit 31 ans plus tôt. Le premier, qui sera dirigé par Ruairi Robinson d'après un scénario de Gary Whitta. devrait sortir pour l’été 2009.

Ruairi Robinson est l'auteur de The Silent City.

Au vu de l'ambiance de ce court métrage, on peut espèrer une adaptation de qualité. Une première adaptation, en dessin animé cette fois, avait été réalisée par Otomo lui même en 1989 et reste un film culte. L'enjeu sera donc de taille pour Warner et Robinson !

La bande originale " Symphonic suite AKIRA " a été réalisée par Shoji Yamashiro, compositeur, arrangeur et producteur du groupe de world music Geinoh Yamashirogumi. Cette BO colle parfaitement à la peau du film et appuie encore plus sur la puissance des scènes.

mercredi 27 février 2008

Le cinéma allemand aujourd'hui

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"Montag, Ping Pong, La Vie des autres... Ce n’est pas tout à fait une déferlante de films allemands sur nos écrans, mais ils sont assez nombreux pour que l’on remarque le revival d’un cinéma qui n’avait pas brillé depuis, disons, Fassbinder...

Les films allemands sont plus nombreux. Ils sont meilleurs aussi. En témoigne la pluie de récompenses qu’a reçu La vie des autres lors de la European Film Awards 2006 (meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur). Peut-on toutefois en déduire qu’il y aurait une « nouvelle vague allemande » ?

Si Ping Pong (premier film d’un étudiant en cinéma récompensé à la Semaine de la Critique du festival de Cannes) et Montag se répondent indubitablement, d’autres films, à commencer par Good Bye Lenin !, véritable événement de l’année 2003, tant en Allemagne qu’en France, se placent dans une sphère moins auteuriste, mais témoignent de la vitalité de la production allemande."

Voici la bande annonce du film Ping Pong de Matthias Luthardt :



synopsis : Un matin d’été, les pas d’un invité inattendu crissent sur les graviers d’une allée pavillonnaire. Sans crier gare, Paul, 16 ans, adolescent d’une beauté sombre le faisant paraître plus âgé, s’immisce dans le quotidien bourgeois et faussement idyllique de Stephan, son oncle, d’Anna, la femme de ce dernier, et de leur fils, Robert. Presque malgré lui, l’intrus sèmera dès lors le trouble.

source : http://fr.wikipedia.org, http://www.objectif-cinema.com/
dimanche 24 février 2008

Le cinéma indépendant aux USA - partie II

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Suite et fin de l'article de Kenneth Turan à propos de l'essor du cinéma indépendant américain :

L'accent sur la création artistique

Lorsqu'un film coûte plus de 100 millions de dollars à réaliser, comme c'est généralement le cas à Hollywood, il faut qu'il attire le public le plus large possible, non seulement aux États-Unis mais également dans le monde entier, afin de rentabiliser les sommes investies. Cela veut dire qu'il faut privilégier l'action - facteur numéro un de séduction du public partout dans le monde - ainsi que les éléments qui plaisent aux moins de 25 ans, qui constituent la majorité des spectateurs.

Les films indépendants, en revanche, coûtent beaucoup moins cher à réaliser : de quelques milliers de dollars à 15 ou 20 millions. Bien que cela puisse sembler beaucoup, ce n'est pas grand-chose comparé aux budgets de Hollywood. Ces budgets plus bas donnent aux films indépendants la liberté d'être plus personnels et plus originaux et de mettre l'accent sur les personnages et l'histoire à raconter plutôt que sur des explosions. Ces films peuvent alors privilégier l'expression artistique et personnelle en se souciant moins de leur rentabilité commerciale, ce qui explique, entre autres, pourquoi ils ont généralement plus de succès aux Oscars que les grandes productions commerciales.

Si un cinéphile américain souhaitait avoir ce genre d'expérience cinématographique il y a quarante ou cinquante ans, il n'avait d'autre choix que de se tourner vers le cinéma étranger. C'est l'une des raisons pour lesquelles les films français, italiens, japonais, scandinaves et autres ont connu un succès croissant aux États-Unis dans les années 1950 et 1960.

Le cinéma indépendant qui a permis aux spectateurs américains de voir ce genre de films dans leur propre langue n'est pas né du jour au lendemain. L'acteur et réalisateur John Cassavetes, aujourd'hui décédé, (le seul cinéaste en l'honneur duquel un prix des Independent Spirit Awards a été nommé) faisait déjà des films de style indépendant en 1957, date de réalisation du légendaire Shadows.


John Cassavetes et Peter Falk

On considère souvent que The Return of the Secaucus Seven, réalisé par John Sayles en 1980, marque le début du cinéma indépendant moderne. La production de ce film a coûté 60.000 dollars, que le réalisateur a réunis en partie en réécrivant des scénarios de films de Hollywood, et a rapporté 2 millions de dollars. Pour la première fois, il est apparu qu'il était possible de concilier succès commercial et créativité en dehors des studios de Hollywood.

La montée du cinéma indépendant

Deux autres films, distribués par Miramax, géant mondial du cinéma indépendant créé par Harvey Weinstein et son frère Bob et nommé en l'honneur de leurs parents, ont prouvé que les films indépendants faisaient désormais partie du paysage cinématographique. En 1989, Sexe, mensonges et vidéo, de Steven Soderbergh, a remporté le Prix du Grand Jury du festival de Sundance et ensuite la Palme d'or du festival de Cannes, établissant ainsi la réputation du cinéma américain indépendant à l'échelle internationale.

Pulp Fiction, de Quentin Tarantino, a fait mieux encore, non seulement en remportant la Palme d'or à Cannes en 1994, mais aussi en étant le premier film indépendant à réaliser plus de 100 millions de dollars de recettes, ce qui a confirmé le flair dont avait fait preuve Disney en achetant Miramax l'année précédente.

Comprenant que les films indépendants étaient trop différents pour être réalisés par leurs équipes cinématographiques habituelles, tous les studios hollywoodiens se sont vite dotés d'une section indépendante. Citons parmi ces « divisions spécialisées », comme on les appelle dans la profession, Fox Searchlight, Warner Independent Pictures, Universal Focus et le vénérable Sony Pictures Classics.



Ces divisions spécialisées réalisent des films indépendants haut de gamme, bénéficiant des plus gros budgets et des stars les plus célèbres. Ils ressemblent parfois aux films de Hollywood mais, en fait, ne pourraient plus être réalisés par les studios hollywoodiens. Little Miss Sunshine en est un parfait exemple. Bien qu'il ait obtenu une nomination aux Oscars pour le meilleur film et ait remporté l'Oscar du meilleur scénario en février 2007, ce film avait été refusé à de nombreuses reprises par les principaux studios hollywoodiens.

Les films indépendants peuvent non seulement permettre d'exprimer une sensibilité différente, mais également représenter différents groupes et raconter différents types d'histoires. Parce que ces films ne coûtent pas nécessairement une fortune, c'est dans le cinéma indépendant que des réalisateurs noirs américains comme Spike Lee, et des réalisateurs gay comme Gregg Araki, ont pu faire des films qui traitent de personnages marginalisés mais susceptibles d'intéresser un large public.

L'impact du numérique

Le facteur coût contribue également à l'importance croissante des documentaires indépendants. À l'heure actuelle, les documentaires de ce type se multiplient et n'ont jamais été vus par autant de spectateurs. Il y a plusieurs raisons à cela, mais la principale tient au fait que le faible coût du matériel numérique permet aux réalisateurs de produire eux-mêmes leurs documentaires.

Scott Hamilton Kennedy, réalisateur de clips vidéo et de films commerciaux, est un bon exemple. Il n'aurait jamais réalisé le documentaire OT : Our Town s'il n'avait pas rencontré l'enseignante qui montait une pièce de théâtre de Thornton Wilder dans un lycée californien. Lorsqu'elle lui a parlé du projet, il a compris qu'il lui fallait filmer la situation à tout prix. « Je n'ai jamais essayé de mobiliser des fonds ou de constituer une équipe de tournage, explique-t-il. Je savais que si l'on perdait du temps à faire cela, ce moment passerait sans laisser de traces. »

Scott Hamilton Kennedy est donc allé dans ce lycée avec une caméra à l'allure si modeste qu'elle donnait l'impression, dit-il, d'avoir été achetée dans une chaîne de magasins d'électronique grand public. Grâce à ce matériel peu intimidant, les élèves étaient détendus en sa présence, ce qui a contribué à créer l'intimité et la confiance qui font la force du film. L'indépendance financière permet de mener une réflexion indépendante qui donne certains des meilleurs films vus aux États-Unis depuis longtemps.


Kenneth Turan
source : Extrait de "eJournal USA" L'industrie du cinéma aujourd'hui